Les résineux en bordure de cours d’eau

Réconcilier plantations de résineux et cours d’eau

Depuis la déprise agricole (dans les années 60) le bassin versant de la Dore a connu un bouleversement au niveau de l’occupation du sol. Ce phénomène a conduit à délaisser les terres escarpées et les fonds de vallon au profit essentiellement des plateaux, plus facilement exploitables. La majeure partie des gorges s’est boisées naturellement ou a été plantées en résineux, d’autant que des aides publiques ont longtemps incité à le faire. Cela a conduit à installer des conifères jusqu’aux berges des ruisseaux, où leurs présence n’est pas adaptée. Les essences résineuses les plus fréquemment rencontrées sur les bords de nos rivières et qui ont un impact notable sont l’épicéa commun, le douglas et le sapin de Vancouver (Grandis).

 
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Un déficit important pour les milieux aquatiques mais aussi pour les propriétaires

Contrairement aux essences qui poussent naturellement aux abords des cours d’eau (Aulnes glutineux, Frêne commun, Érables sycomore,…), les essences résineuses ne sont pas adaptées à se développer en milieux humides. En effet, ces essences affectionnent particulièrement les sols drainés, voire filtrants. Sur les sols engorgés et compacts leurs produits sont médiocres. De plus en raison de leurs réseaux racinaires qui restent très superficiels sur ces terrains humides, les chablis sont très fréquents. Cette situation a donc des impacts négatifs, environnementaux mais aussi économiques pour les propriétaires.

Quelles pertes pour les propriétaires ?

  • Arbres de qualité médiocre

Ces essences affectionnent particulièrement les sols drainés, voire filtrants. Sur les sols engorgés et compacts leurs produits souvent soumis à des stress au niveau de l’engorgement du réseau racinaire qui ne permet pas un bon développement des arbres. Ces produits n’ont pas de réelle valeur économique (bois de trituration,…)

  • Nombreux chablis

Leur enracinement reste très superficiel sur ces terrains mouilleux et les chablis sont très fréquents, ce qui peut engendrer des pertes d’exploitation importantes et être la source de développement parasitaires. De plus, de récents événements nous ont démontré combien ils sont fragiles face aux aléas climatiques (neige, vent,…).

  • Coût de l’exploitation des bois élevés

Ces plantations ont été réalisé sur des terres abandonnées par l’agriculture donc sur des terrains difficiles d’accès et très humide où l’exploitation s’avère très délicate et coûteuse, ce qui réduit considérablement le gain d’argent pour les propriétaires. De plus, les interventions en bordure de cours d’eau sont aujourd’hui très réglementées.

  • Érosion et perte de terrain

Du fait de l’élargissement du lit des ruisseaux occasionné par les nombreux chablis et l’érosion accélérée par un réseau racinaire traçant ne maintenant pas les berges, chaque année les parcelles plantées en résineux perdent plus de terrain.

Les actions engagées dans le cadre du Contrat Territorial Dore Moyenne

Aides financières et/ou techniques apportées aux propriétaires lors d’un recul de résineux par rapport au cours d’eau.

Concernant le recul des résineux sur notre territoire, des linéaires d’intervention ont été définis par une étude bilan en  2010 et permettent au contrat territorial de financer l’exploitation (abattage et/ou débardage) des arbres sur une largeur de 6 mètres par rapport au cours d’eau mais aussi la plantation si nécessaire d’une nouvelle ripisylve avec des essences adaptées (Aulnes, érables,…). En contrepartie, une convention doit être signée entre le propriétaire et les communautés de communes concernées. Cette convention engage le propriétaire à ne pas replanter des essences non adaptées au bon maintien des berges sur la bande de 6 mètres le long du cours d’eau et autorise la réalisation des travaux.

Toute une faune et une flore en danger !!

  • Les effets sur les berges et le fond des rivières

Etant donné la configuration du système racinaire des essences résineuses en bord de cours d’eau, elles génèrent souvent des sujets instables et donc impropres au maintien des berges. Par conséquent, les berges non stabilisées par les racines suffisamment profondes sont soumises à des phénomènes d’érosion importants. Dans la plupart des cas, les premières lignes de plantations les plus proches des cours d’eau s’effondrent en provoquant un élargissement du lit, son ensablement et sa banalisation suite au ralentissement du courant. De plus, bon nombre des arbres déracinés terminent leurs courses dans le lit des cours d’eau et forment ainsi des embâcles à l’origine d’érosions supplémentaires, qui peuvent accroître le risque d’inondation en aval de ces stations. Ces impacts sur la morphologie des cours d’eau ne sont pas sans conséquence sur les êtres vivants qui les côtoient.

  • Les effets sur  la faune et la flore et leur habitat

Les plantations de résineux en bord de cours d’eau entraînent une modification de l’habitat initial via des perturbations :

- Sur la lumière

Le manque de lumière sous les plantations de résineux ne permet pas le développement d’autres espèces végétales. La végétation originelle se modifie et/ou disparaît. Une seule strate végétale avec une seule essence est donc présente (population mono-spécifique) et les espèces animales associées aux autres disparaissent.

- Sur l’Hydrologique

Ces plantations sont souvent installées sur des terrains saturés en eau où l’on trouve naturellement des prairies tourbeuses. Ces dernières jouent un rôle essentiel dans la régulation du régime hydraulique. En effet, ces prairies agissent comme des « éponges » qui absorbent l’eau en période excédentaire et la restitue en période déficitaire. Le remplacement de ces zones par des plantations résineuses réduit considérablement ce rôle capital, permettant une bonne gestion de l’eau et de la qualité de la vie dans les rivières. De plus, il est à noter que le lit des ruisseaux a été incisé et leurs abords drainés afin d’assécher au maximum les rives plantées, ainsi le méandrage naturel a été compromis. L’augmentation des étiages sévères dus à la perte des réserves en eau sur les têtes de bassin versant, devient un facteur limitant pour la capacité d’accueil en poissons des cours d’eau.

- Sur la Morphologique

La dégradation des berges et l’ensablement du lit des ruisseaux sont à l’origine de la perte des habitats sur ces stations. Les poissons et les invertébrés privés de caches et de nourriture (aiguilles de résineux moins digestes et appétentes tous les organismes broyeurs situés au début du réseau trophique) doivent se réfugier à l’amont ou à l’aval pour y trouver un habitat plus propice à leurs développements. Les secteurs ainsi boisés perdent alors toute valeur piscicole. De plus, les peuplements de résineux, plus que les feuillus, ont également l’inconvénient d’acidifier le sol et les eaux.

Actions engagées

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